« A travers l’oeil de dix photographes, 40 personnalités, de générations différentes et du monde entier, se racontent et témoignent leur relation à cet art si particulier, cette peinture sur le vivant ».

Voilà comment se présente le livre « Life Under My Skin », petite perle dans le monde de la littérature consacrée au tatouage et qui parcourt l’histoire de tatoués et de leurs tatouages. Rencontre avec Anna Mazas, auteur de ce livre.

« A travers ce livre, j’ai souhaité mettre en images et en mots la richesse du tatouage en laissant aux tatoués le soin de me raconter leurs histoires. »

Anna-Mazas---Life-Under-My-Skin

« With this book, I wanted to put the richness of this practice into pictures and words, letting those with the tattoos tell their stories and share their emotional connections with their pieces ; these moments of life condensed into permanent images in their skin. »

« Throughthe eyeof tenphotographers, 40people,of different generationsand around the world, talk abouttheir relationshipin thisparticular art,this paintingon the living. « 
Here is how this book, called « Life Under My Skin, is introduced. A must-have book dedicated to tattoo which share the story of tattooed people.
Interview of Anna Mazas, author of this book.


Bonjour Anna. Tout d’abord est-ce que tu peux nous présenter ton livre en quelques mots?
Dans mon livre « Life Under My Skin », on retrouve une série de portraits de personnes tatoués qui racontent leur expérience, et leurs personnalité à travers l’histoire de leur tatouage.
Pour moi, c’est une façon de rendre justice à une pratique qui me plaît beaucoup et qui est beaucoup plus riche et complexe que ce qui peut être dit sur les médias ou même sur les gens. Ce livre, c’est ma façon de rendre hommage au tatouage dans sa complexité à travers des gens qui se racontent. Au fond, le tatouage c’est un récit d’une histoire de soi… C’est donc très important de donner la parole aux tatoués et je ne voyais cette approche dans aucun autre bouquin donc ca me tenait à coeur.
Ensuite, je voulais également rendre hommage aux tatoueurs qui réalisent de très belles pièces et qui ne sont pas forcément reconnus pour ce qu’ils font et qui ne bénéficient pas de beaucoup de visibilité. C’est donc une façon de faire découvrir des trésors que je voulais montrer.
 
D’où t’es venu cette idée ou cette envie de sortir ce livre?
Si je remonte l’histoire de mon intérêt pour le tatouage, on peux dire qu’il est assez récent puisque j’ai commencé à me faire tatouer à l’âge de 22 ans, c’est-à-dire il y a 5 ans.
Alors que je commençais à écrire timidement sur le sujet, j’ai rencontré par hasard la directrice de communication d’une marque de parfum Diesel et nous avons discuté de l’opportunité d’écrire une tribune sur le tatouage pour un site qu’elle lançait sur les cultures alternatives. Et ça été le début d’une longue aventure où elle m’a donné l’opportunité d’écrire librement, ce qui était très important pour moi. J’ai donc saisi cette opportunité là et j’en ai fais la mienne. On a travaillé main dans la main sur des portraits de personnes tatoués. Et on s’est donc dit pourquoi ne pas en faire un livre? C’était vraiment une envie commune.
Pour l’écriture de ton livre, tu es venue à rencontrer pas mal de personnalités tatouées. Si tu devais choisir une de tes plus belles rencontres, laquelle de celles-ci tu citerais?
Sans hésiter, L’ain. Cette jeune fille d’origine chinoise, londonienne et tatoueuse, qui a une incroyable collection de tatouages tribal. Je la choisis car tout d’abord c’était la collection la plus impressionnante que j’ai été amené à rencontrer pour la réalisation de mon bouquin. Une des plus radicale et une des plus belles. Egalement pour la beauté des photos qui sont restées très cohérente avec la beauté naturelle de cette fille. Elle a été très adorable quand je l’ai rencontrée, elle respire une sorte de beauté dans ses tattoos, dans sa personnalité, dans son discours.
 
Autrefois, le tatouage était une marque d’appartenance à un groupe social, culturel ou autre. Penses-tu qu’aujourd’hui, ce soit toujours le cas?
Oui, bien sûr… Même si je me pose toujours énormément la question tant il y a de tatoués que de façon de se faire tatouer. Les motivations sont toujours très différentes! Mais il y a toujours des réflexes de tatoués qui est une marque d’appartenance à un groupe et à une volonté de se construire une identité collective. Je pense notamment aux communautés issues du rock’n’roll, avec des codes de tatouages old school, pour se construire une image, un look, une mise en scène de soi qui est à la fois communautaire et qui permet également de se démarquer.
Ensuite, il y a des gens hors communauté, comme moi, qui se font tatouer et qui ne rentre pas dans ce cadre là puisque c’est également une pratique très personelle…
Quel est ton regard sur cette démocratisation actuelle du tatouage ?
C’est une bonne chose dans le sens où il y a pas mal d’arguments pour. Ça donne à bouffer aux tatoueurs, ça leur donne du business. Une déstigmatisation du tatouage permet de montrer aux gens que le tatouage est également présent dans d’autres sphères plus accessibles à eux.
Mais le problème aussi c’est que ça entraîne une espèce de tendance un peu bizarre qui ramène le tatouage à une tendance de mode, et qu’on commence à se tatouer comme on s’achète une fringue, un bijoux parce que pas mal de célébrités l’ont fait, donc c’est cool. C’est agaçant et en même temps, on ne peut pas faire sans…
Faut juste garder à l’esprit que le tatouage est avant tout un art qui se tatoue, une histoire qu’on tient à marquer à jamais et bien prendre garde lorsqu’on choisi son tatoueur.

Quel est ta relation personnelle avec le tatouage ?
C’est une pratique chez moi très émotionnelle, très humain. C’est également lié aux rencontres que je fais dans ma vie… Le tatouage réintègre les liens humains dans une société qui devient de plus en plus matérialiste, …
Pour moi ça a débuté avec la rencontre de ma tatoueuse, Léa Nahon, qui a fait mes premières pièces. Ça été une vraie révélation ! Elle a un univers qui est fait de références qui étaient les miennes à l’époque et ça été un tel coup de coeur ! C’est aussi une certaine façon d’encrer une rencontre sur ma peau.
C’est aussi une façon de montrer des images qui me plaisent dans la vie et dans l’art… montrer finalement qui je suis dans la vie !
 
Quel est ton style de tatouage préféré?
J’en ai pas vraiment. Je suis quelqu’un d’assez classique au niveau artistique. J’aime beaucoup la peinture classique, la peinture espagnole, … Je suis sensible au style réaliste et à tous les styles traditionnels. Mais je me rends compte que j’ai des pièces de tous les styles sur moi : old school, japonnais, graphique… parce que pour moi c’est avant tout pour la rencontre avec le tatoueur que le style proprement dit.


Anna, je te remercie de m’avoir accordé cette entrevue.

Et pour tous les lecteurs de skINKED, voici ci-dessous un extrait du livre avec la rencontre de L’Ain. Je vous rappelle d’ailleurs que le bouquin est disponible dans toutes les bonnes librairies ou en ligne en cliquant sur ce lien.
Plus d’infos sur la page Facebook Officielle.
Page-Lain-1 Page-Lain-2
Hello Anna. First of all, could you please introduce us with your words your book?
In my book « Life Under My Skin », you will find a series of portraits of tattooed people who tell their experience and their personality through the story of their tattoos. For me, it was a way to do justice to a practice that I really appreciate and which is more complex and rich than what we can read on the medias. This book, it’s my way to do tribute to tattoos through this people who accept to share their stories with me. It was really important to my eyes to let speak to tattooed people and to do tribute to tattoist who make awesome works.

Why wrote about this?
You know my interest for tattoos is recent, about 5 years ago when I started to be tattooed at 22. I immediately started to write a bit on this through a blog I had and I then met the communication director of a huge perfume brand so we talked about the opportunity to write more about tattoo on her own website which is about alternative culture. It’s how the big adventure started for me. We then work together about the description of those tattooed people.

So you met a lot of people for your book. Which one of them was the most « beautiful » for you?
Without any hesitating, L’ain. This girl from China, based in London is a huge tattoo artist who has an incredible collection of tribal tattoos. I choose her because at first sight it was the most impressive collection I saw for the realization of my book. Also one of the most radical and most beautiful. The pictures of her are amazing just as she is. She was very sweet when I met her, she exudes a kind of beauty in her tattoos , her personality and her speech.

In the past, tattoo was a way to belong to a social or cultural group. Do you think this is still the case nowadays?
Sure… Even if it’s quite hard to answer you cause the motivations are still very different! But there are always tattooed guys who made this to show their belonging to a group and their desire to build a collective identity. I think of the communities from rock’n’roll, with codes of old school tattoos who made this to build an image, a look…
Then there are people outside the community, like me, who get tattoos without any particular reasons, just because it’s a really private practice.

What is your opinion on the current democratization of the tattoo?
This is a good thing. It makes live the tattoo’s business… But after all, it show to the people that tattooing is present also in other areas more accessible to them.
The problem is that causes a kind of weird trend that brings the tattoos to a fashion trend, and now people start tattooing as we bought a clothe, a jewelry because a lot of celebrities have tattoos, so it’s cool. It’s annoying but at the same we can’t do without…
You have just to keep in mind that being tattooed is above all an art, a story that we ink forever on the skin. And sure, be careful when you choose your tattooist.

What is your own relation with tattoo?
It’s a practice very emotional. It’s a very close relation with the people or tattooist I met.
For me, it started when I met this girl, Léa Nahon, which made my first pieces. It was a real revelation! She has an universe that is made of references that were mine.
Tattooing it’s also a way to ink a meeting, showing images that I like in my life and in the art…

What is your favorite kind of tattoos?
I do not have one in particular. I’m someone very classical in the artistic way. I like classical painting, spanish painting… I appreciate the realistic style and all the traditional styles. But I realize that I have pieces of all styles on me as old-school, japanese, graphic… because to me it’s after all for an encounter with the tattooist that the style of it itself.

Anna, thank you for this interview.
For all the readers of skINKED, here is above a short overview of the book with this girl called L’ain. The book is available everywhere in libraries or online through this link.
Further informations on the Facebook page.